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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 23:22

Dis-nous pourquoi t’es parti là bas, si haut, là haut dans l’espace ? Un matin de février.

Ce n’était pas utile, Guy-Claude…

Il y en avait encore de la place à faire ici-bas.

Du reste, ici-bas, nous n’appelons pas cela des espaces, nous appelons cela des lieux. Dans l’espace nous créons des lieux, des lieux pour que cela puisse avoir lieu.

Des lieux de théâtre, des scènes, des musées, des expositions, des évènements, des plateaux de cinéma, des tas d’endroits où nous inventons des mondes.

Des mondes pour en ouvrir d’autres, et croire ainsi en l’infini.

Nous ouvrons des perspectives, pour que notre terre nous paraisse infinie.

Et parfois avec de petits riens ou de grands moyens, sur de grandes ou petites histoires, sur un objet, nous en changeons le regard, ouvrant ainsi d’autres perspectives, d’autres visions, des espoirs que cela n’est pas fini.

Que le monde n’est pas fini, que rien ne sera jamais fini.

Oui nous vivons ici bas dans la plus belle des illusions, l’immortalité…

Il est beau ce spectateur, cet acteur, ce metteur en scène, ce réalisateur, ce conservateur qui cherche ses points de vue, qui cherche sa place pour dire son monde, pour placer son regard en regard du spectateur. Ah les échos entre toutes choses.

Elle est là, la scénographie, tu l’as dit souvent, « nous construisons pour le temps d’un regard ». Elle est belle ta phrase, synthétique, juste, car nous participons à cela.

Oh la noble tache et la grande responsabilité que nous avons là, car il s’agit de maintenir nos yeux ouverts dans l’éphémère de l’instant, pour toucher le présent.

Aussi infime soit il cet espace temps, nous tentons d’en faire quelque chose.

Nous tentons de lier l’esprit au corps, le dit au non dit, le visible à l’invisible.

Nous sommes des passeurs, des créateurs d’aires de jeux pour que la vie règne, et que les ténèbres se fassent sentir.

Passer tu as su le faire, nombreux ont été tes élèves. Tu aimais cela la transmission, transmettre, faire passer un savoir être et un savoir faire.

Tu les aimais ces étudiants avec la joie d’une belle expérience partagée, d’une aventure avec celles et ceux qui un jour deviendraient à leur tour des passeurs.

Quand ce n’était pas les élèves, c’était les spectateurs, et de tous les acteurs de ces scènes, tu te préoccupais de leur point de vue, de l’expérience qu’ils allaient en faire.

En as de l’espace, tu régissais le lieu comme un maitre.

Alors pourquoi t’es parti là haut, si haut, là bas, dans l’espace ? Guy-Claude

Ce n’était pas utile, il y avait encore de la place ici bas.

Plusieurs fois, pourtant nous avons tenté de te le dire, les uns et les autres en te remettant des Molières, des Césars, des distinctions honorables républicaines comme celles de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite

Nous avions juste encore besoin de ton regard, amical et bienveillant pour réveiller ce dont nous n’avions pas encore conscience, pour réveiller quelques unes de nos images mentales.

Alors pourquoi tu es parti là haut, si haut dans l’espace ? Guy-Claude rejoindre le Soleil et la Lune

Nous laissant ici bas dans nos lieux, dans nos mondes où ton regard va nous manquer.

Au nom de l’Union Des Scénographes, de tes camarades, amis, et collaborateurs.

Je t’adresse toutes nos énergies amicales, souhaitant que nos mondes restent éternellement en lien avec toi, dans l’espace et le temps. Nous t’embrassons.

Raymond Sarti. Président de l’Union Des Scénographes.

Pour le bureau et les adhérents de l’UDS. Février 2014.

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