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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 14:24

 

Il est intéressant de voir de quelle façon le terme de scénographe ou de scénographie est employé aujourd'hui, et dans quelles circonstances. Dans les exemples choisis ci-dessous, prélevés sur internet, l’usage va du spectacle aux grands magasins, en passant par le cinéma, l’art et la bijouterie. Scénographie de théâtre, d'opéra, de cinéma bien sûr, mais aussi scénographie évémentielle et scénographie marchande.

 

L'écrivain français Olivier Cadiot et le metteur en scène suisse-allemand Christoph Marthaler sont  les  artistes-associés du 64e Festival d’Avignon du 7 au 27 juillet.  Le journal Vaucluse Matin informe ses lecteurs que dès le 8 juillet, le trio Olivier Cadiot, le metteur en scène français Ludovic Lagarde et le musicien rock, Rodolphe Burger, « se produiront dans une grande scénographie Un nid pour quoi faire qui évoquera la question du pouvoir et de la communication, au gymnase Gérard Philippe. »

 

L’Atelier Lyrique de Tourcoing vient de présenter Don Giovanni de Mozart. La mise en scène est de Pierre Constant, les décors de Roberto Platé, les costumes de Jacques Schmidt et Emmanuel Peduzzi, les lumières Jacques Rouveyrollis. Après Tourcoing, la production s'installe au Théâtre des Champs-Élysées à Paris pour être donnée avec Les Noces de Figaro et Cosi fan tutte, du 25 mai au 11 juin. Jean-Marie Duhamel écrit dans la Voix du Nord en date du 14 mai 2010 :  « Pas de changements en profondeur dans la conception scénographique de Pierre Constant et Jean-Claude Malgoire, mais des ajustements, des dynamiques resserrées comme on a déjà pu le constater avec Les Noces et Cosi, décor unique et majestueux (grandes boiseries d'un salon XVIIIe siècle) où les portes dérobées s'ouvrent et se ferment sur les intrigues à multiples ressorts, ici jusqu'au châtiment suprême infligé par le Commandeur à Don Giovanni... »  

 

Dans un article consacré au cinéaste portugais Manoel De Oliveira sur le site evene.fr, Julie de la Patellière écrit : « Oliveira est avant tout scénographe. Ses plans fixes sont des toiles peintes de théâtre. Sa caméra bouge le moins possible car les personnages doivent devenir peinture. Lumière, couleurs, places irrationnelles : tout est bon pour qu'un visage se confonde avec une toile au fond. Quitte à surélever le comédien sur un praticable à 1m50 du sol… L'espace est lentement composé. Le décor se fait labyrinthe interminable et clos. Dans 'Le Couvent' l'architecture capture les personnages, les ramenant toujours au même point. De nombreuses scènes se passent dans les couloirs, les passages, les escaliers. Car chez Oliveira chaque élément devient symbole, allégorie ou hyperbole. Du bien ou du mal. De l'obscurité ou de la clarté. »

 

Lise Guéhenneux dans l’Humanité du 11 mai 2010 à propos du salon de Monrouge : « Dans un ancien bâtiment industriel de 5 000 m2 scénographié pour l’occasion par la « designeuse » Matali Crasset, chaque artiste présente plusieurs pièces montrant ainsi qu’un créateur peut utiliser plusieurs médias sans que la pratique perde en cohérence. »

 

La  compagnie Corps et danses évasion  présente à Castelnau-d'Estrétefonds sa nouvelle création 2010 en hommage à Mickaël Jackson dont elle trace le portrait en ces termes : «Son originalité, son innovation en matière de spectacle chorégraphique et de scénographie ne disparaîtront jamais. »

 

Un spécialiste de l’alliance, du bijou thématique et personnalisé  raconte cette histoire de mariage : « Un futur couple parmi nos clients avait décidé de faire un mariage tropical et avait préparé cet évènement plus de deux ans à l’avance en réalisant toutes les décorations et en élevant des palmiers et autres arbres exotiques. Toute la scénographie et la décoration ont été installées la veille durant toute la journée. Vous voyez arriver la suite? Attendez-vous à pire. Durant la nuit une tornade à ravagé le village sans oublier la maison de nos futurs mariés… »

 

Diplômé à Cergy, post diplômé aux Beaux-Arts de Paris, Boris Achour a créé les Actions-peu (1993-1997), interventions anonymes et éphémères réalisées dans l'espace public avec des éléments trouvés sur place.

Sophie Lapalu l’interroge ainsi sur le Blog http://cvsophielapalu.blogspot.com/

 

Sophie Lapalu : « C’est alors au public de projeter cette « autre chose », d’arpenter le paysage et de faire la projection mentale. »

 

Boris Achour : « Oui. Pour moi la relation de l'œuvre au spectateur est une donnée très importante. Depuis le début. Une œuvre sans spectateur n’existe pas. Quand je prépare une exposition ou des œuvres, je pense toujours à cette relation, que ce soit dans la mise en espace de l’exposition ou dans la nature même de l’œuvre. Par exemple, pour « La force de l’art » en 2009, j'ai réalisé Conatus: La nuit du danseur qui est un film montrant un danseur de claquettes revêtu d'un masque lumineux qui traverse l'exposition, de nuit, en dansant. Un spectateur qui entre dans l’exposition, s'y promène, et voit ensuite un film avec un personnage qui se déplace dans l'environnement qu'il vient de traverser, peut-être que cela le fait réévaluer son propre parcours, la manière dont il s’est déplacé dans cet espace, comment cette scénographie peut être vue comme un paysage, ou comme un décor… Et là aussi il est question de présence et d'absence simultanée... »

 

L’Espace culturel Édouard Leclerc à Limoges Uzurat présente une exposition qui retrace les succès et échecs de la marque Apple. « Cette exposition, mise en place à l’occasion des 25 ans de la marque Apple, et auparavant présentée au Musée de l'Informatique de Paris - La Défense, retrace à travers une scénographie originale l’évolution de la machine et celle de la marque.  À l’origine de toute innovation, il y eut souvent un garage… »

 

La salle principale du Métropolis, le Loft, a été inaugurée en septembre dernier après quatre mois consacrés au travail de sa nouvelle identité visuelle. Vincent Legros, régisseur lumière, depuis 20 ans au Métropolis déclare dans Sono Magazine n°357 mai 2010: « Historiquement, le show lumière du Métropolis a longtemps été la marque de fabrique du club. Aujourd’hui, il s’agit plus d’un travail de mise en lumière à l’échelle de la nuit. On peut presque parler de scénographie, le but étant d’avoir un beau produit pour le clubbing comme pour les privatisations, avec la ressource de travailler le logo et le slogan d’entreprise.»

 

Les grands magasins sont-ils les nouveaux musées ? La question est posée de la façon suivante sur le site http://artelux.over-blog.com/article-les-grands-magasins-nouveaux-musees-50690089.html  : « Les grands magasins ne se contentent pas seulement d'être des espaces d'expositions, certains vont jusqu'à créer dans leurs espaces des lieux mis en scène et scénographiés comme des musées. Le Printemps en un est des exemples à travers son Grand Opening  Boulevard Haussmann (jusqu'au 20 juin) : la rénovation de ses facades a été l'occasion pour le Printemps de créer un "écrin précieux destiné aux plus belles marques de luxe" aux couleurs Rubine Red, les vitrines sont bien évidemment elles aussi à l'image de ce projet tandis que l'intérieur du magasin dévoile de nouveaux espaces conçus pour mettre en valeur les produits. A celà s'ajoute une exposition Histoire d'élégance qui retrace l'histoire du Printemps. Chaque élément du décor contribue à ancrer un univers particulier dans l'esprit du visiteur et l'invite à  visiter le magasin comme un musée. Dès lors la limite entre magasin, espace scénographié et musée devient floue et contribue à faire des grands magasins de nouveaux musées fréquentés par des touristes aussi bien que par des consommateurs. »

 

L’Institut de l’Evénement propose un module de formation à  la scénographie de l’événementiel : « Comment mettre en espace mon concept événementiel ?Comment investir un lieu ?Comment accueillir le public dans le plus grand confort et le plonger dans un univers créé de toutes pièces ?

 

Ce module d'initiation n'a pas pour vocation de faire de vous un grand scénographe mais vous permettra d'acquérir des notions de base essentielles pour travailler avec un scénographe et acquérir les notions qui vous permettront de faire de la scénographie un atout pour votre manifestation événementielle .

 

Cette formation débutera par une sensibilisation sur l'importance de la scénographie comme acteur de l'événement et une approche des outils, techniques et vocabulaire .

 

Nous verrons ensuite comment comprendre et savoir faire les premières esquisses de scénographie , comment avoir les bons reflex à partir d'un brief et tirer le meilleur parti de l'expertise du scénographe. »

En conclusion de ce module d’initiation, il est proposé de définir les 5 dimensions de la scénographie.

 

Dans le même genre, Piverdière, propose une formation de décorateur étalagiste merchandiseur scénographe. L’objectif est de permettre de :

 

« Acquérir des savoirs-faire artistiques et techniques en présentation visuelle (agencement de magasin, réalisation d'ambiances, de décors, de vitrines sur différents thèmes, réalisation d'un book) et dans le domaine de la création d'images et de multimédias

Connaître les aspects commerciaux et juridiques des métiers de la scénographie (techniques de vente et logique commerciale, budget et facturation, droits)

Maîtriser un socle de compétences transversales, de l'histoire de l'art à l'étude du design et des tendances, en privilégiant l'apprentissage de l'anglais professionnel essentiel à ce secteur d'activités. »

 

La notion de scénographie marchande est très développée.

 

Pour donner deux exemples, Véronique Birembaut est Responsable Scénographie, pour la société  YSL BEAUTE. Elle définit ainsi son poste : « Ma mission consiste à mettre au point des concepts d'animation liés à des lancements Parfums, Maquillage et Soin : mise en scène du produit dans le point de vente, customisation de stands/corners, vitrines, podiums éphémères, têtes de gondole… Création de mobilier évènementiel. Création de PLV Parfums, Maquillage et Soin ainsi que du matériel institutionnel. » Filant la métaphore théâtrale, Joël Guillon parle quant à lui de scénologie dans un ouvrage paru en 2004 aux Editions d’organisation, intitulé Vendre ses prestations : «  La scénologie c’est l’art de la mise en scène. Dans notre cas, il s’agit de mettre en scène une pièce du théâtre social appelée ‘entretiens de vente’ qui a pour ouverture un ‘bonjour’ en face à face, et pour tombé de rideau, une ‘signature’ ou un  ‘non’ ».

 

Il y a aussi une scénographie érotique. Ainsi une grande peinture sur toile achetée il y a plusieurs années dans une vente publique à Florence, avec l'attribution à Armand Segaud, est identifiée et décrite comme « scénographie pour une comédie grecque ancienne ». La toile peut être achetée sur ebay : 

 http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&item=150434418294

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