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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:47
Jean –Marc Stehlé, fin de partie

Né en 1941, ce scénographe et comédien suisse s’est éteint le 9 août 2013 dans sa ville de naissance, Genève, des suites d’une longue maladie. Très jeune, après une formation de graphiste, sa vocation de peintre le conduit l’Ecole des arts décoratifs de Genève où la relation avec les arts plastiques répond à son attente. Il se forme au dessin et à la peinture, mais aussi à la gravure, la sculpture, la tapisserie. Il fréquente l’Opéra, et aborde le théâtre comme machiniste des tournées Karsenty. Au fur et à mesure, Jean-Marc Stehlé découvre un univers dont les codes le rassurent face à la “liberté créative du peintre” qui l’angoissait. Ainsi après quelques spectacles modestes, il rencontre Philippe Menta avec lequel il devient, à partir de 1969, comédien et scénographe au Théâtre de Carouges durant une dizaine d’années. Avec des incursions en Allemagne où il rêve de collaborer avec Benno Besson. Ce fut chose faite en 1980, point de départ d’une collaboration fructueuse et remarquée parmi laquelle L’Oiseau vert et Le Roi cerf de Gozzi, Le Dragon d’ Evgueni Schwartz. En parallèle, il travaille pour le théâtre et l’opéra avec Matthias Langhoff, Coline Serreau, ou Zabou Breitman, et divers metteurs en scène européens. Il fut distingué par l’Anneau Hans Reinhart en 2009, plus haute récompense du théâtre suisse et a obtenu en France six “Molières ”. Sa création scénographique s’accompagne souvent de celle des costumes. Elle est caractérisée par une conception non réaliste, empreinte de poésie et d’une part de rêve, qu’il considérait indissociables du théâtre. Acteur reconnu au théâtre et au cinéma, sa dernière présence sur scène date du printemps 2012 à Paris, pour Le Fils de Jon Fosse dans une mise en scène de Jacques Lassalle pour laquelle il avait réalisé le décor (avec Catherine Rankl) et qu’il dut interrompre pour suivre un traitement médical. C’est à l’issue de celui-ci que nous l’avions rencontré chez lui, pour l’ouvrage Scénographes en France 1975-2012 dans lequel il figure, toujours aussi enthousiaste et abordant le théâtre avec des “yeux d’enfant“. Avec sa disparition, le théâtre contemporain perd l’un de ses artistes les plus talentueux. Par ses créations et son engagement il a largement contribué à rendre palpable la définition de Brecht : “ La fable est expliquée, bâtie exposée par le théâtre tout entier, par les comédiens, les décorateurs, les maquilleurs, les costumiers …. ”. Salut l’artiste.

Jean Chollet

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