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Marcel Freydefont

La question de l’appellation de scénographe

Rappel historique et  place de cette appellation dans les répertoires et nomenclatures de métiers et de professions



Quelques rappels terminologiques simples sont indispensables avant d'examiner quelle est la place de cette terminologie dans les répertoires de métiers et les référentiels d'emploi, et autres nomenclatures.

Ce rappel terminologique permet  de faire un rappel historique et de citer au passage le nom d'un grand nombre de scénographes.



Sens étymologique

Le terme de scénographie provient du grec skènègraphia
et désigne à l’origine l’art de peindre, d'orner (graphia) la scène (skènè). Aristote emploie le terme dans sa Poétique . Selon lui, il semble que cela soit Sophocle qui ait fait appel le premier à la scénographie au sein d'une représentation théâtrale. Agatharcos de Samos (perspecteur qui a travaillé aux corrections optiques du Parthénon) est  l'un des premiers scénographes,  travaillant pour Eschyle et Sophocle. Le terme a pris un sens architectural à l'époque romaine - dérivé de son originale théâtrale - pour désigner la vue en perspective. Le terme est employé par l'architecte Vitruve dans ses Dix livres d'architecture.  Vitruve définit l'architecture comme un art du dessin et distingue trois types de représentations dessinées d'un édifice : l'ichnographie ( le plan),  l'orthographie (l'élévation) et la scénographie (la perspective). Il y a aussi la skiagraphie (la coupe). Vitruve parle également des trois types de décors grecs pour le théâtre : le décor tragique, comique et satyrique.

L'architecte français Claude Perrault  (l'auteur de la Colonnade du Louvre à Paris), traducteur et commentateur de Vitruve en 1684 s'étonnera dans ses notes que le terme de Scénographie soit employé par Aristote pour désigner ce que lui Perrault traduit par la « Peinture de Scène» , la Décoration scénique, sens qui est très différent -dit-il - « de celle qu'il a , quand il est mis pour une des trois manières de dessiner  [un édifice]» . De fait, en France les termes de Décor et de Décoration succéderont à partir du XVIIème siècle au terme de scénographie dans le domaine théâtral. En allemand, le terme de Bühnebild, en anglais celui de Set design conserveront la mémoire de l'étymologie (dessin, peinture de la scène). L'italien Scenografia conservera l'ambivalence originelle.

Sens contemporain

Le terme a pris un sens nouveau dans la période contemporaine
Au XX ème siècle, et notamment à partir des années 1960 en Europe, le terme resurgit en prenant un sens théâtral rénové pour désigner l’interaction effective entre la mise en forme d’un lieu de représentation – scène et salle comprises – engageant la question architecturale et constructive -, et la mise en forme de la représentation du lieu de l’action, - engageant le rapport à la dramaturgie et la mise en scène - . Il a été employé pour s’opposer aux termes de décor et de décoration. Dès le début du XX ème siècle, nombre de metteurs en scène se sont opposés à la notion et à la fonction de décor. Jacques Copeau exigeait de renoncer à l’idée de décor. Pour Meyerhold, le mot de décor ne signifiait plus rien. Il s'agissait en l'occurrence à la fois d'une fonction esthétique et d'un matériel scénique.

La scénographie a pu être définie dans les années 1960-1970 comme « une dramaturgie de l’espace » (Jean Herrmann) ou comme « l’invention de formes nouvelles et leur intégration dans le complexe scénique », « orchestration spatiale du spectacle », « une sémiographie » (Jacques Poliéri)


Ce renouvellement de la conception spatiale au théâtre est fondé sur la remise en cause d’une part du recours à  la perspective classique (perspective théâtrale ou accélérée) et d’autre part de la fonction figurative et illustrative du décor (fondée sur des procédés picturaux et le décor peint).

Ce renouvellement  met en jeu la totalité de l’espace théâtral, scène et salle comprises, dans le cadre d’une émancipation de la représentation vis à vis du texte simultanément à l’émergence de la mise en scène définie comme acte artistique premier au théâtre. Il procède le plus souvent par une métaphorisation spatiale. Support de la représentation, l'espace devient aussi un médium d'expression, le truchement d'une pensée qui donne naissance à une « idée d'espace».  Aujourd’hui, le décor n'est qu'un aspect et qu’un élément de la scénographie qui comprend aussi le costume, la lumière, le son, l’image projetée.


A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, de grands réformateurs scéniques comme Adolphe Appia (1862-1928),Edward Gordon Craig (1872-1966) ,  Louis Jouvet (1887-1951), Georges Pitoëff (1884-1939), Oskar Strnad (1879-1935), Frederick Kiesler (1896-1966), Josef Capek (1887-1945), Viktor Hoffmann,  les scénographes de Meyerhold (Dmitrieff, Popova, Chlepianov) ou de Taïrov (Vesnine, Sternberg) ont posé les premières bases de la scénographie contemporaine.

Par la suite, Bertolt Brecht à travers ses conceptions relatives à «l'architecture de scène » et ses scénographes Karl von Appen (1900-1981), Caspar Neher (1897-1962) infléchira fortement cette évolution en conférant à la scénographie un rôle épique.

Les tchèques Frantisek Tröster (1904-1968) et Josef Svoboda (1920-2002) - qui furent à l'origine de la Quadriennale de Prague -, l'italien Luciano Damiani (1923-2007),  l'allemand Wilfried Minks (né en 1930) constituent des références importantes dans l'émergence de la scénographie contemporaine en Europe.

En France, dans la seconde moitié du XXème siècle, parmi les scénographes de spectacle, auteurs de décor et/ou de costumes (pour les scénographes d'équipement, se reporter à la Page Action et objectifs), il convient de citer les scénographes suivants :

Yves Bonnat, Jacques Le Marquet, René Allio, Michel Raffaëlli, André Acquart, Jacques Noël, Hubert Monloup, Jacques Marillier, Max Bignens, Pace, Roberto Plate, Guy-Claude François, Richard Peduzzi, Yannis Kokkos, Michel Launay, Jean-Pierre Vergier, Nicky Rieti, Jean-Paul Chambas, Charles Marty, Jean-Marc Stehlé, Alain Chambon, Gilles Aillaud, Titina Maselli, Edouard Arroyo, Claude Lemaire, Christine Marest, Danièle Rozier, Roberto Moscoso, Yves Samson, Alain Batifoulier, Charly Mangel, Yves Bernard, Chloé Obolensky, Françoise Darne, Philippe Marioge, Yves Cassagne, Patrice Cauchetier, Rémi Bourdier, Claire Belloc, Jacques Gabel, Louis Bercut, Jean Haas, Claude Chestier, Goury, Gérard Didier, Laurent Peduzzi, Emmanuel Peduzzi, Yves Collet, Rudy Sabounghi, Gilone Brun, Nicolas Sire, Noëlle Ginefri, Catherine Rankl, Claude Plet, Roberto Rosello, Raymond Sarti,  Gilles Taschet, Emmanuelle Sage-Lenoir, Isabelle Huchet, Antoine Dervaux, Alexandre de Dardel, Patrick Dutertre, René Caussanel, Pierre Heydorff, Denis Fruchaud, Edouard Laug, Alwyn de Dardel, Chantal Gaiddon, Patricia Rabourdin, Muriel Delamotte, Daniel Jeanneteau, Eric Charbeau, Philippe Casaban, Chantal Thomas, Eric Soyer, Emmanuel Clolus, Tim Northam, Pierre-André Weitz et, pour les plus jeunes générations, Jean-Luc Taillefert, Laurent Berger, Laurence Villerot, Magalie Lochon, Aurélie Thomas, Jane Joyet, Antoine Vasseur, Annabel Vergne, Laure Pichat, Marc Lainé, Damien Caille-Perret, sont parmi les scénographes les plus actifs et les plus connus.

On notera que des scénographes tels que René Allio, Michel Raffaëlli, Yves Samson, Guy-Claude François, Yves Bernard ont une activité importante dans le domaine de la scénographie d'équipement. Richard Peduzzi, Alain Batifoulier, Guy-Claude François, Raymond Sarti, Rémi Bourdier, Tim Northam,  réalisent régulièrement des scénographies d'exposition.

Trois définitions récentes expriment bien cette conception contemporaine de la scénographie:


1-
« La scénographie peut se définir comme l’art de la mise en forme de l’espace de représentation. De la conception d’un décor pour une mise en scène donnée à celle d’un lieu de spectacle, en passant par l’aménagement de tout un espace pour un spectacle, l’intervention du scénographe peut prendre des formes et une importance extrêmement divers. A travers son origine historique, ce terme souligne la nécessité d’un travail d’invention conceptuel permettant de penser l’espace »

 

Luc Boucris, Guy-Claude François, Dictionnaire encyclopédique du théâtre, Editions Bordas, Paris, 1995


2 -

« Rendre l’espace actif et même acteur, définir un point de vue signifiant sur le monde, élaborer des dispositifs et des lieux scéniques qui en assurent la mise en œuvre, assurer un travail réfléchi de découpage de l’espace, du temps, de l’action, conférer une valeur poétique à un cadre scénique approprié au drame représenté, telles sont les caractéristiques du travail scénographique ».

 

 

Marcel Freydefont Dictionnaire encyclopédique du théâtre, Editions Bordas, Paris, 1995.


3 -
« Elle [la scénographie] est indissociable de l’œuvre à l’avènement de laquelle elle participe, et n’a pas d’existence en dehors du temps de la représentation, ni séparément de la lumière, des présences vivantes, de l’architecture des corps, de leur placement, de leurs mouvements, des distances, des bruits. Le décor n’y occupe qu’une place à mon sens nécessairement en retrait. Il propose, il induit, il contient : il n’est à mon avis qu’un aspect de la scénographie ».


 
Daniel Jeanneteau  A propos de ‘l’Atelier Tintagiles’, 1996



L’appellation de scénographe  est donc utilisée  dans ce sens nouveau et  admise dans le champ de la pratique théâtrale et de la critique, depuis les années 1960 (première Quadriennale de scénographie de Prague en 1967), succédant à celle de « décorateur-maquettiste » ou de « décorateur », désignations courantes au XIXème siècle et au début du XXème siècle. Même si l’appellation de « décorateur » demeure vivace dans l’usage courant encore aujourd’hui, l’appellation de « scénographe » prend acte des réformes scéniques et théâtrales au XXème siècle, tout en renouant avec l’histoire de cette discipline depuis les Grecs. Ce terme s'est étendu usuellement à d'autre domaines comme l'exposition à partir de la fin des années 1970 en France. On a coutume de dénommer cette évolution « élargissement de la scénographie » .




Une idée essentielle doit être rappelée au regard de cet élargissement de la scénographie : l'origine de la scénographie est théâtrale, et l'expérience théâtrale est décisive dans la culture scénographique et la caractérisation du projet de conception scénographique.

 


1944-1969 : du décorateur-maquettiste au scénographe

Les scénographes de spectacle se sont mobilisés dès 1944 pour faire reconnaître leur qualité d’auteur et d’artiste. Yves Bonnat, Félix Labisse et Valentine Hugo créent le Syndicat International des Décorateurs-Maquettistes de Théâtre. Le terme de décorateur-maquettiste est alors choisi pour distinguer le concepteur des décors du peintre-décorateur qui les réalise. Ce syndicat est devenu en 1978, le Syndicat Français des Scénographes, auteurs de décors et de costumes : Yves Bonnat  et Jacques  Marillier en ont été les principaux artisans.  

L’apparition du terme de scénographe, en lieu et place de celui de décorateur-maquettiste, est liée à l’évolution
spatiale du spectacle et à la dynamique suscitée par la création de la Quadriennale de Scénographie à Prague en 1967
.


1969 : création de l'AFSTT

En 1969, dans la dynamique de la première Quadriennale de Prague, prenant acte de cette évolution  terminologique qui caractérise une évolution esthétique et technique, est créée en France l'Association française des scénographes et techniciens de théâtre (AFSTT), section française de l'Organisation internationale des scénographes, architectes et techniciens de théâtre, l'OISTAT (se reporter au Lien OISTAT).

L'AFSTT publiera en 1979 une Charte du scénographe qui définit la spécificité du scénographe en distinguant clairement deux domaines d’exercice professionnel : la scénographie des lieux de spectacle et la scénographie-décoration. Cette Charte initie l'ouverture de la scénographie vers de nouveaux domaines comme celui de l'exposition, spectacularisée.


1996 : création de l’UDS

Un groupe de scénographes, dit le Groupe de la Charte, s’est réuni de façon informelle à partir de 1992 afin de faire valoir leur qualité d’auteur et d’artiste, rédigeant à cet effet une nouvelle Charte pour le scénographe de spectacle.

En 1996,  l’AFSTT est dissoute. Les scénographes de spectacle, d’équipement et d’exposition créent l’Union des Scénographes, pour porter sur le terrain syndical l’action du Groupe de la Charte. La profession se rassemble au sein de ce nouveau syndicat

L’objectif est d’affirmer l’appellation générique de scénographe et de faire évoluer le cadre de cette profession en mettant en place des chartes contractuelles spécifiques aux domaines d’exercice.


Le terme de scénographe et de scénographie dans les textes officiels

Cette appellation n’est cependant pas inscrite dans les textes officiels. Ainsi, elle n’apparaît pas explicitement dans l’arsenal des textes législatifs et réglementaires qui régissent le champ social, juridique, fiscal. Cette distorsion entre réalité professionnelle et expression officielle est source de problèmes pour les scénographes.


Le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI)

 

Le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI) qui découle de la loi du 11 mars 1957 ne mentionne pas explicitement la profession de scénographe. La scénographie ne fait pas partie des catégories expressément protégées. Il faut indiquer clairement que ce sont les œuvres qui sont protégées au titre du droit d’auteur, et non pas telle ou telle profession ou champ d’activités. Le fait que le scénographe ne soit pas explicitement mentionné ne l’écarte nullement du bénéfice de cette loi qui protège « les droits d’auteurs sur toutes les œuvres de l’esprit, quels qu’en soient le genre, le forme d’expression, le mérite ou la destination » (article 2). L’article L-112-2 du CPI fournit une liste non limitative d’œuvres protégées, notamment « les œuvres dramatiques ou dramatico-musicales, les œuvres chorégraphiques, les œuvres de dessin, de peinture, d’architecture, de sculpture, etc, les œuvres graphiques et typographiques », autant de types d’œuvres auxquels se réfère évidemment la scénographie.

 

La Cour de Cassation a admis dans un arrêt du 18 décembre 1978 la possibilité de reconnaître à un scénographe la qualité de co-auteur d’un théâtre mobile réalisé avec un architecte. Un arrêté de la Cour d’Appel de Paris en date du 2 octobre 1997 a reconnu qu’une scénographie est originale, relevant d’une création absolument personnelle, qui constitue indiscutablement une œuvre de l’esprit. Il existe d’autres jurisprudences.



Le Code du Travail


Consacré aux professions du spectacle, l’article L 762-1 ne mentionne pas le scénographe parmi les artistes du spectacle, ni  le metteur en scène.  Or, le metteur en scène est reconnu comme artiste au regard du régime d’Assurances Chômage « pour l’exécution matérielle de sa conception artistique ». L’UDS demande que le scénographe bénéficie de la même reconnaissance que le metteur en scène ou le chorégraphe.

 

Le régime d’intermittent à employeurs multiples est créé en 1936 pour les techniciens et les cadres du cinéma. Le 1er  janvier 1965, l’annexe 8 au régime d’assurance chômage de l’UNEDIC (organisme social paritaire créé en décembre 1958) est mise en place : elle intègre les ouvriers et les techniciens de la production cinématographique et de l’audiovisuel. En 1967, sont créées les ANPE et les premières antennes Spectacle. Le 1er janvier 1968  l’annexe 10 étend le dispositif aux artistes et aux  techniciens des entreprises du spectacle. Dès lors, le régime d’assurance chômage, annexes incluses, est renégocié tous les trois ans par les partenaires sociaux.

 

Avant 1969, les scénographes de spectacle, alors dénommés décorateurs-maquettistes  étaient reconnus comme auteur, mais leur statut social était celui de travailleurs indépendants ; ils étaient rémunérés soit en honoraires, soit en droits d’auteur. En 1969, les lois relatives aux artistes du spectacle et aux mannequins instaurant la notion de  « présomption de salariat » pour les artistes–interprètes et les metteurs en scène, ceux qui se dénomment désormais scénographes optent généralement pour le statut de salarié, et bénéficiant du régime de l’intermittence, ils sont répertoriées parmi les techniciens.  Juridiquement et socialement, le double statut d’auteur et d’artiste salarié est aujourd’hui celui qui correspond le mieux aux scénographes de spectacle, auteurs de décors et /ou costumes. En 2001, une centaine de personnalités du spectacle ont soutenu cette revendication.



Les services des impôts, la sécurité sociale, identifient mal cette profession .Ce qui explique les questions parfois posées par les Inspecteurs des Impôts quand ils reçoivent la feuille de déclaration de revenu d’un scénographe, déclarant des droits d'auteur.


L’arrêté du 23 février 1995 qui fixe le contrat-type de décentralisation dramatique
déclare en préambule qu’un Centre Dramatique National doit être « dirigé par un artiste directement concerné par la scène » et mentionne explicitement - es-qualités - le scénographe, aux côtés du metteur en scène, de l’acteur, de l’auteur, du dramaturge.


L’avenant à la Convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles, daté du 14 avril 1999,
et signé notamment par le SYNDEAC, est un exemple de la confusion actuelle. Il comporte deux appellations concernant le scénographe : « décorateur-maquettiste » (appellation ancienne héritée des années 1950) et « scénographe » (appellation actuelle). Non consultée, l’UDS n’en demande qu’une, celle de « scénographe ». On notera toutefois avec intérêt que la profession est classée dans la nomenclature des emplois artistiques. En rappelant toutefois qu'il fait partie de la catégorie des techniciens pour ce qui concerne le régime de l'intermittence....


Cette situation amène à s’intéresser aux référentiels d’emploi et de  métiers, en ce qu’ils fixent des professions, les classant et les définissant. Ce qui n’est pas sans incidence.



Le Répertoire Opérationnel des Métiers et de l’Emploi (ROME)

 

Le Répertoire Opérationnel des Métiers et de l’Emploi (ROME) est établi par l’ANPE. Il répertorie et rassemble la totalité des métiers qui font l’objet d’une offre et d’une demande d’emploi en France aujourd’hui, soit quelques 10 000 métiers. Ceux-ci sont classés par groupes professionnels en 22 catégories (code CP 1 à CP 22). Chaque classification est elle-même découpée en domaines et sous-domaines, eux-mêmes composés des différents emplois/métiers relevés. L’édition référée ici date de 1993. S'il est nécessaire d'actualiser les connaissances qunat à ce répertoire, les données de 1993 n'en restent pas moins siginficatives.

Le terme de scénographe apparaît explicitement.

Le métier de scénographe est intégré au sein de plusieurs catégories :


1 -  la catégorie CP 21 Professionnels des Arts et des Spectacles, dans la rubrique des Techniciens CP 21-224 Professionnels du décor et des accessoires et CP 21-225 Professionnels du costume et de l’habillage.


Le relevé des appellations principales et des appellations spécifiques montre que les activités de conception et celles de réalisation ne sont pas distinguées mais sont confondues les unes les autres :


Appellations principales :
Accessoiriste (spectacle) - Constructeur en décor (spectacle)  - Décorateur (spectacle) - Machiniste (décoration spectacle).

Appellations spécifiques : Architecte décorateur (spectacle) – Chef d’atelier de décor (télévision, théâtre) – Ensemblier (théâtre) – Machiniste-constructeur en décor (spectacle)- Menuisier (décoration spectacle) – Peintre (décoration spectacle) - Scénographe-décorateur (théâtre) – Sculpteur (décoration spectacle)- Serrurier(décoration spectacle)- Tapissier(décoration spectacle).


2 - L’appellation de scénographe se trouve également dans la catégorie CP 21-122 Aménageur/aménageuse d’espace intérieur, au sein des Professionnels des Arts.


Appellations principales :
Architecte d’intérieur - Décorateur (d’intérieur) - Stylicien (designer) d’environnement.


Appellations spécifiques :
Décorateur ensemblier - Décorateur étalagiste - Etalagiste – Scénographe. 


3 - Précisons que la catégorie CP 21-111 – Artiste plasticien qui regroupe peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs ne mentionne pas les scénographes, même si l’on sait que beaucoup de ceux-ci ont à l’origine cette qualité d’artiste plasticien. Avec les difficultés qu’ils rencontrent pour se faire admettre à la Maison des Artistes sur leur qualité de scénographe.



Le Répertoire Français des Emplois (RFE)

 

 

Le Répertoire Français des Emplois (RFE) établi en 1981 par le CEREQ (Centre d’Etudes et de recherches sur les Qualifications) propose une autre nomenclature. Il regroupe les emplois-types de l’audio-visuel et des spectacles vivants.


Le « Décorateur de spectacle » constitue la rubrique AV 16, regroupant comme autres appellations :
 

Chef-décorateur – Assistant-décorateur – Assistant technique décor – Directeur de la construction – Responsable de l’atelier décor – Ensemblier-décorateur.


Il est distingué du « Créateur de costumes », aussi dénommé « Décorateur-costumier » ou « Costumier ».


L ‘ambiguïté des ces appellations et de ces classifications repose sur la confusion de l’activité artistique et de l’activité technique, de la phase de conception (création) et de celle de réalisation (exécution) et sur une réelle méconnaissance culturelle et historique de la scénographie contemporaine.


A l’évidence, un travail est à accomplir en ce sens, afin de clarifier les rôles et les fonctions, sans rompre bien sûr la solidarité des métiers et des pratiques qui vont de la création jusqu’à la réalisation.


Le métier de scénographe est à la frontière des arts du spectacle, des arts plastiques et de l’architecture, clairement situé dans le domaine de la conception et de la création. Il s’exerce aussi bien dans le domaine de l’équipement, du spectacle et de l’exposition. Salarié ou travailleur indépendant, son statut diffère sans altérer sa qualité, et notamment celle d’auteur.
La définition proposée par l’UDS veut apporter une réponse à cette situation (se reporter à la Page Définitions professionnelles).

 


 

CPNEF-SV-Commission Paritaire Nationale pour l'Emploi et la Formation dans le Spectacle Vivant
(source des informations: site cpnefsv, se reporter au Lien)


La CPNEF-SV a entrepris un travail de nomenclatures des emplois et des métiers dans le spectacle vivant.

Le scénographe y figure dans la catégorie Activités technico-artistiques , à la rubrique Décor, sous l'intitulé Décorateur-scénographe.

Présentation

Ce travail, visant à harmoniser les nomenclatures répertoriant les emplois du spectacle vivant d'une part, et les entreprises du secteur d'autre part, correspond à la mise en œuvre d'une des recommandations du CEP (Contrat d'études prospectives – Axe n°5) relative à "l'amélioration de la visibilité sur l'économie de l'emploi". En effet, au-delà de la singularité de la branche et des facteurs socio-économiques notoires qui rendent difficile toute approche généraliste, il faut aussi évoquer les problèmes posés par les modalités de recueil des données statistiques sur le marché du travail dans la branche. Aujourd'hui, il existe des sources d'informations interprofessionnelles (INSEE), ou professionnelles (AUDIENS, Caisse des Congés Spectacles, AFDAS, ANPE, UNEDIC, CNCS). Cependant il est impossible de mettre en relation leurs indicateurs chiffrés en raison de l'usage au sein de chacun de ces organismes de nomenclatures propres non compatibles. Ainsi, ne dispose-t-on trop souvent que d'estimations grossières et d'informations quantitatives générales sur les effectifs des différentes professions et sur les situations d'emploi.

Ce constat a incité la CPNEF-SV, consciente de l'enjeu fondamental que représentait, pour l'ensemble de la profession, l'amélioration de la connaissance de l'emploi et du travail, à initier ce chantier portant sur un projet d'harmonisation des nomenclatures en usage dans le spectacle vivant. Il s'agissait de créer un cadre de classement commun qui permettant notamment d'asseoir les politiques sociales relatives à l'emploi et à la formation sur des indicateurs faisant étant du dynamisme des différents secteurs. Ce dynamisme doit être mesuré aussi bien en termes de volume d'emploi offert, que de contenu (types d'activités exercées et compétences requises), ou encore, de nature d'emploi (forme et catégories d'emploi, salaire, etc.). La progression de nos connaissances sur l'ensemble de ces points contribuera à améliorer les conditions d'emploi et de travail dans nos secteurs, à aller vers une plus grande professionnalisation et une meilleure structuration de la branche.

Le premier volet du chantier a démarré en 1998 et a concerné les nomenclatures d'emploi. Il a non seulement permis la mise en concordance des nomenclatures existantes, mais a été également l'occasion d'une analyse systématique des systèmes conventionnels, révélatrice des logiques sur lesquelles se fondent et évoluent les modèles de représentations professionnelles. Et de plus, au-delà de son objectif statistique, cette classification qui répertorie l'ensemble des métiers du spectacle vivant, a fixé les compétences et les qualifications au travers de 250 appellations d'emplois reconnues par la profession. A ce titre, elle est devenue une véritable référence.

Le second volet du projet, initié en 2001, portait sur l'élaboration d'une nomenclature d'activités classant les entreprises. Cette seconde grille de classement doit permettre de compléter le travail de catégorisation des emplois qui a été réalisé par une meilleure appréhension des informations sur les employeurs de la branche. Elle repose sur une série de critères indépendants les uns des autres (nature de l'activité principale, type de licence, statut juridique, accord ou texte de référence, genre artistique dominant, mode de relation aux puissances publiques, et type de structure). Ces travaux ont été initiés immédiatement. Les deux nomenclatures finalisées ont été disponibles en 2003.

Leur efficacité est conditionnée par leur utilisation.

  1. D'une part par l'adhésion des différents organismes qui recueillent des données administratives sur l'emploi. Ces organismes se sont clairement montrés convaincus de l'intérêt de ces outils, mais leur adoption constitue à elle seule un chantier conséquent. Leur implémentation est réalisée ou en cours à l'AFDAS, l'ANPE, la caisse des congés spectacle, le CNCS. L'INSEE a pour sa part également intégré le résultat de ces travaux au moment de refonte de la grille PCS (Professions et catégories socioprofessionnelles – mise ne place 2004).
  2. D'autre part, du fait des pratiques déclaratives des entreprises elles-mêmes. Plus les libellés d'emplois déclarés aux organismes sociaux seront descriptifs et plus ils permettront une bonne perception de la situation des individus dans l'emploi et sur le marché du travail.

La définition des nomenclatures et l'animation des travaux ont été confiées au Centre de Sociologie des Arts (CSTA – EHESS CNRS), en étroit partenariat avec les représentants des différents organismes sociaux collecteurs de données, les institutions et les ministères concernés, regroupés au sein d'un comité de pilotage : DMDTS, DEPS, FSE/DGEFP, INSEE, AUDIENS, Caisse des Congés Spectacles, AFDAS, ANPE Réseau Culture Spectacle, UNEDIC, ADAMI, SPEDIDAM.

Nomenclature des emplois

La nomenclature des emplois comprend 260 positions professionnelles organisées en 3 types d'activités et en 20 domaines :

  • Activités artistiques :
    • Art dramatique
    • Art chorégraphique
    • Musique (instruments et voix)
    • Arts du cirque et des arts visuels
  • Activités technico-artistiques :
    • Régie
    • Machinerie
    • Accessoires
    • Eclairage
    • Son
    • Audiovisuel
    • Décor
    • Costume
    • Coiffure / Maquillage
  • Activités de la direction, de la production, et de la commercialisation :
    • Direction
    • Production
    • Fonction commerciale et technico-commerciale
    • Communication
    • Accueil

Sources

La nomenclature résulte d'un travail de confrontation et d'analyse systématiques des classifications d'emplois existantes, soit 72 sources différentes exploitées :

  • Les nomenclatures nationales interprofessionnelles :
    • Nomenclature PCS (Professions catégories socioprofessionnelles) utilisée par l'INSEE
    • Nomenclature ROME (Répertoire opérationnel de métiers) utilisée par l'ANPE
  • Les sources professionnelles administratives :
    • Nomenclature AUDIENS
    • Nomenclature Caisse des congés spectacles
    • Nomenclature UNEDIC
  • Les accords négociés et les listes déclaratives des entreprises :
    • Liste des conventions collectives de branche et d'entreprises, accords d'entreprises

Au total, plus de 1800 appellations d'emplois différentes propres au spectacle vivant ont été recensées et classées.



 

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