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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 09:33

Paroles d’Architecte

DE LA SCENOGRAPHIE

Toile peinte ou projet urbain ?

 

 

par Guidu Antonietti di Cinarca

 

La scénographie, art de dessiner les édifices, les sites, et les villes en perspective, n’était pas la moindre des connaissances de nature encyclopédique requises à la culture des architectes, à qui était octroyé à la Renaissance le privilège d’édifier des espaces publics et la ville. Aujourd’hui la scénographie n’est comprise que comme une discipline de toile peinte pour décor de théâtre. A l’heure où le terme "projet urbain" est désigné comme l’alpha et l’oméga de la pensée urbaine, sans que l’on sache vraiment ce que cela recouvre - interrogez donc à ce sujet, urbanologues, architectes d’opérations, nouveaux paysagistes, "urbanistes" de lotissements, spécialistes de la révision des POS, opérateurs urbains en tout genre, débusquez donc dans leur propos abscons, la base théorique commune qui leur sert de viatique, la confusion sera grande, et vers l’Orient compliqué, vous voguerez avec des idées simples ! Pour notre part nous osons dire, sans craindre les lazzis "le projet urbain, connais pas, expliquez-nous donc ?".

 

Cité idéale Attribué à Piero Della Francesca (XVe siècle)

Le terme "scénographies urbaines" (sans le confondre avec la scénographie dans l’urbain) et les outils qui s’y rattachent : axes de composition, articulations, alignements, décentrements, limites, abstractions, superpositions, glissements, épannelages, rapports au ciel, ancrages au sol, ainsi que la très vaste iconographie, qui depuis la Renaissance à Urbino et ailleurs, n’a cessé d’enrichir le regard et la pensée des architectes, nous paraissent toujours appropriés, pour répondre aux défis que pose l’adaptation de la ville historique, aux usages de l’espace public de notre époque. Une belle ville, ou une ville embellie, serait donc : une succession articulée de lieux publics correctement scénographiés, un effort d’agencement des masses bâties capable d’engendrer et recevoir les pratiques sociales.

 

Illustration de VITTORIO MAZZUCCONI

Source :
http://www.aroots.org/notebook/article119.html

 

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 16:32

Déjà au 18e siècle.

 

Quelques réflexions et conseils d’architectes à une époque où l’aventure architecturale du théâtre en France était en train de développer ses premières formes importantes. Où l’on voit que certains de leurs conseils seraient encore pertinents.

 

De Mr le Chevalier de Chaumont, parut dans une petite brochure après le premier incendie de l’Opéra de Paris en 1763 : « Auffi ne doit-on véritablement attribuer le peu de fuccès des salles de Spectacles exécutées jufqu’ici, qu’a l’ignorance des principes d’optique & d’accouftique de la part de ceux qui ont été chargés d’en donner des deffins »


Le Chevalier de Jaucourt en 1776 : « Comme le fpectacle chez les anciens, fe donnait dans des occasions de fêtes & de triomphes, il demandoit un théatre immense, & des cirques ouverts ; mais comme parmi les modernes, la foule des fpectateurs eft médiocre, leur theatre a peu d’étendue,& n’offre qu’un édifice mefquin, dont les portes reffemble parmi nous,aux portes d’une prifon, devant laquelle on a mis des gardes. En un mot, nos théatres font fi mal bâtis, fi mal placés, fi négligés, qu’il paroît affez que le gouvernement les protege moins qu’il ne les tolere. 

 

 

Vers 1767 Mr le Comte Algarotti : «  Quoique l’on fe fût apperçu depuis longtemps des défauts de nos Salle de Spectacle, ce n’eft cependant que depuis environs 25 ans qu’on s’eft attaché à les relever. M. le Compte Algorotti eft un des premiers qui en est parlé : Il veut que les Architectes qui fe font mêlés d’en bâtir, fe foient mépris fur l’usage auquel ces fortes d’édifices font deftinés, & fur la fin qu’on doit s’y propofer. »

 

En 1782 l’architecte Patte écrit un « Essai sur l’Architecture Théâtrale », extrait : « Le prosfcenium ou l’avant fcène a pour but de préparer l’ouvertuer du théâtre Dans quelques Salles de Spectacles, telles que celles de Parme & de Manheim, le théâtre n’en eft féparé que par un fimple mur ; de forte que l’Acteur quand il parle fe trouve néceffairement vis-à-vis des premières couliffes, & que, pour peu qu’il n’ait pas l’intention de fe tenir fans ceffe vers le bord du théâtre, fa voix court risque de fe perdre en partie dans les premiers chaffis des décorations. On a remédié à ce défaut, comme à Naples, à Milan, à Rome, en avançant le bord du Théâtre dans la Salle, ce qui paroît trop ifoler l’acteur au milieu des spectateurs & faire tort à l’illusion théâtrale. C’eft pour éviter ces deux inconvéniens qu’on a imaginé une avant-scène, qui eft comme un lieu mixte entre la Salle & et le Théâtre ». 

« Qoique le Théâtre ou le département des Acteurs n’ait de relation avec l’ordonnance d’une Salle de Spectacle, que par rapport à fon ouverture, nous croyons néanmoins devoir expofer ce que nous penfons fur fa diftribution. Le plus ou moins d’étendue d’un Théâtre doit dépendre du genre de Spectacle auquel on le deftine. Celui d’une Salle d’Opéra doit évidemment être plus grand que celui d’une salle de Comédie. Sa diftribution femble plus du reffort du machinifte ou du Peintre-décorateur, que de l’architecte »

« Le grand art en général eft de difpofer toutes les entrées, les forties & les iffues fur la fcène, tellement que les Acteurs aient sans ceffe une forte de proportion avec les bâtiments & et les corps d’architecture qui les environnent »

« Nous croyons que l’on viendroit également à bout par le moyen des réverbers, de fe paffer du cordon de lampions placé fur le devant du théâtre pour éclairer la Scène. On sait combien il est incommode, qu’il bleffe les yeux des Spectateurs ; qu’il éblouit par fa pofition les acteurs ; qu’il remplit fans ceffe la Salle de fumée,….. mais auffi occafionne une efpece de brouillard intermédiaire entre les Acteurs & les Spectateurs.   

« Ce feroit fortir de notre fujet que de traiter de la diftribution générale, ….parce que ce n’eft pas là ce qu’entendent le moins les architectes. On fait qu’il faut un grand veftibule qui précede la Salle & qui conduife aux efcaliers des loges, un foyer public, peu d’entrées, mais beaucoup de forties, attendu que l’on arrive au Spectacle l’un après l’autre, & que tout le monde veut en fortir a la fois ; qu’il faut des loges pour habiller les acteurs, de vaftes atteliers ou magafins pour ferrer & peindre les décorations, un café, un corps-de-garde, des privés, un logement pour le Concierge, des Bureaux, une Salle d’affemblée pour les Directeurs ; qu’il ne faut pas enfin oublier d’y diftribuer avantageusement des réfervoirs d’eau pour arrêter les progrès du feu en cas d’événement ». 

 

 

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